La restauration rapide tire profit de la crise

L’Ile-de-France est une zone privilégiée d’implantation de la restauration rapide : celle-ci a connu une croissance forte et continue depuis dix ans, et, depuis 2008, a su profiter de la crise. Extrait de l’étude réalisée par le Centre régional d’observation du commerce, de l’industrie et des services de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris.

La restauration rapide, ciblant les zones de forte densité de population, a trouvé dans la région-capitale une zone d’implantation privilégiée : 13 220 établissements y sont situés en 2010, soit 23 % des établissements français. 39 % sont situés à Paris, 14 % en Seine-Saint-Denis, 11 % dans les Hauts-de-Seine. Les établissements de restauration rapide sont des structures de petite taille : près de 70 % d’entre eux ont au plus deux salariés. 40 % des établissements n’ont aucun salarié, et 29 % en ont un ou deux. Un établissement compte en moyenne 0,2 salarié là où la restauration traditionnelle en compte 4,5. Ce sont essentiellement des indépendants, qui cohabitent toutefois avec les opérateurs majeurs que sont les chaînes (McDonald’s, La Brioche Dorée, Quick, Paul, Subway, …)
En dix ans, de 2000 à 2010, le nombre d’établissements de restauration rapide en Ile-de-France a enregistré une croissance de 74 %. En comparaison, sur la même période, la restauration traditionnelle a vu le nombre de ses établissements augmenter de 20 %, les cafeterias et autres libre-service de 41 %. La hausse peut varier de façon importante selon les départements. Si la croissance est de 44 % dans la capitale, où les structures étaient déjà nombreuses, elle atteint 124 % en Seine et Marne, et frôle ou dépasse légèrement 100 % dans les autres départements. 1 800 établissements de restauration rapide ont été créés en Ile-de- France en 2010, dont 500 à Paris.
En parallèle, sur la même période, le nombre de cafés a diminué de 34 % dans la région : les cafés, vieillissants, ont fortement pâti de la concurrence de la restauration rapide et de ses nouveaux concepts, mieux adaptés à l’évolution des comportements. On compte aujourd’hui en Ile-de-France quatre fois plus de restaurants rapides que de débits de boisson.

Des effectifs en hausse

49 672 salariés travaillent dans la restauration rapide en Ile-de-France en 2010, soit 32 % des effectifs français du secteur. 41 % des effectifs travaillent dans la capitale, 11 % dans les Hauts-de Seine et 10 % en Seine Saint-Denis. Comme dans le reste de la restauration, les difficultés de recrutement restent importantes. Or il s’agit d’un secteur fortement consommateur de main d’oeuvre. Afin d’améliorer l’attractivité de ces métiers, des accords passés à l’occasion de la baisse de la TVA se sont efforcés d’améliorer les conditions de travail : nouvelle grille de salaires, primes d’ancienneté, accord pour mise en place d’un régime collectif et obligatoire de couverture complémentaire des frais de santé.

Source : www.crocis.ccip.fr

Les marques alimentaires livrent à domicile

En passant

Source : lemonde.fr

Evian propose depuis peu un service de livraison à domicile. Dans quelques semaines, le fabricant de glace Häagen-Dazs devrait lui emboîter le pas. La voie a été ouverte par Nespresso, pour qui ce service fait partie intégrante de son modèle.

« Notre produit, en l’occurrence l’eau d’Evian, ne bouge pas. Nous pouvons créer de la valeur d’usage avec de nouveaux services », explique Véronique Penchienati, directrice générale de Danone Eaux France. C’est déjà dans cette logique que la filiale de Danone a aussi mis en place un service de personnalisation de bouteilles ou un site de conseil pour les mamans.

La démarche de portage d’eau – Evian mais aussi les autres eaux du groupe comme Volvic ou Badoit – chez les particuliers a été testée depuis deux ans dans le 15e arrondissement à Paris. Elle est désormais proposée à tous les clients parisiens ou résidents dans quatre villes de banlieue qui achètent pour plus de 15 euros de marchandises sur Internet. « Le prix des bouteilles est en ligne avec la moyenne constatée dans les magasins », précise Mme Penchienati.

« Au départ, lorsque Nespresso s’est lancé sur le marché français il y a vingt ans, la vente à distance était une contrainte, les consommateurs avaient l’habitude d’acheter leur café au supermarché, explique Arnaud Deschamps, patron de Nespresso en France, nous en avons fait un véritable service avec une relation directe avec le consommateur et des conseils de spécialistes du café. »